En hommage à Roger Vailland, Jean-Marc Trichard, prix Roger Vailland 2007 pour Un parfum de lavande, a placé ce texte intitulé "Merci monsieur Vailland" au début de sa nouvelle.

Un texte que j'ai mis en ligne à l'occasion du 110ème anniversaire de sa naissance.

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Roger Vailland  et sa femme Élisabeth

« Ce matin, j’ai fini de relire 325.000 francs. Le temps est gris, le brouillard a recouvert notre plaine de Bresse, il fait froid, humide.
J’habite à quelques kilomètres de Meillonnas, à huit kilomètres précisément, et en fin de matinée, comme ça, je me suis dit "je vais aller sur la tombe de Roger Vailland, l’écrivain dont je viens de terminer le livre".

Je me suis garé sur la place à côté de l’église et j’ai poussé la petite porte de fer verte du cimetière. J’étais venu ici il y a bien longtemps et je ne me souvenais plus de l’endroit où se trouve la tombe. Il y avait seulement un visiteur, dans l’allée à droite en entrant. Un chat presque blanc s’est faufilé quand l’homme s’est dirigé vers une autre allée, un peu plus loin.

J’ai regardé à gauche, en face, j’ai hésité et finalement j’ai choisi la droite. J’ai fait quelques pas. L’homme avait quitté l’endroit de son recueillement. Nous nous sommes croisés, j’ai eu envie de la saluer mais je ne l’ai pas fait. Sans me poser vraiment de question j’ai suivi son chemin et mon regard a été attiré par un petit coin de verdure différent des autres.

Je me suis approché. C’était là. Au milieu d’un rectangle de buis, je pouvais lire "Roger Vailland" en lettres de fer qui se détachaient du sol. Les deux gros thuyas et le buis qui entouraient la tombe paraissaient taillés depuis peu. Je n’ai pas fait de prières comme je le fait sur la tombe de mes parents, j’ai pensé simplement : « Bonjour, monsieur Vailland ». Le chat presque blanc est venu tout près de nous, je l’ai observé et il a fui, craintif.

J’ai regardé par-dessus le mur qui entoure le cimetière et domine lieu, je me suis dit que vous aviez de la chance, que vous n’étiez pas loin de l’endroit vous aviez beaucoup écrit.
Où vous aviez beaucoup écrit pour nous. J’avais envie de vous dire merci. Je l’ai fait et je suis reparti. »

Jean-Marc Trichard

  Jean-Marc Trichard

Préface de Un parfum de lavande

Roger Vailland, écrivain dans la grande tradition littéraire française, styliste éblouissant, homme libre avant tout, pensait avec Stendhal, que le bonheur est le moteur des révolutions. Cette aspiration au bonheur –bonheur que l’on trouve d’emblée dans l’intelligence du monde et dans la lutte pour changer la vie- fit de lui un homme et un écrivain engagé. Comprendre, écrire comme Jean-Marc Trichard la souffrance au travail, c’est déjà la dominer et la transformer.


Jean-Marc Trichard présentant son livre à la bibliothèque Bernard Clavel de Courmangoux.

Marie-Noël Rio

Repères bibliographiques
* JM Trichard, Un parfum de lavande, in "Dernières nouvelles du monde réel", éditions La Passe Du Vent, mars 2008
* JM Trichard, Les ombres du destin, éditions Baudelaire, mars 2010

* Accès au site Roger Vailland --
* Voir aussi : L'association Les amis de Roger Vailland --

<><> • • Christian Broussas • Vailland/Trichard • °° © CJB  °° • • mai 2017 <><>